QUELQUES CONSEILS ORGANISER UNE FORMATION AVEC DES PARTICIPANTS ATTEINTS DE DÉFICIENCE AUDITIVE

En 2018, l’Organisation mondiale de la santé a signalé que 466 millions de personnes souffraient d’une perte auditive invalidante et que ce nombre est en constante augmentation. Il est donc important de savoir quels sont les défis que pose la perte auditive et comment adapter notre comportement afin d’optimiser l’inclusion des malentendants dans la société. 

La perte auditive peut être divisée en quatre catégories, à savoir : légère, modérée, sévère et profonde. Les personnes atteintes d’une perte auditive légère à sévère, aussi appelées “malentendantes”, portent généralement des appareils auditifs ou des implants cochléaires. Les personnes atteintes d’une perte auditive sévère à profonde, dites “sourdes”, porteront parfois des implants cochléaires et utiliseront souvent la langue des signes pour communiquer, laquelle sera parfois leur langue maternelle.

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Inclusion pendant les activités de formation

Dans le projet ALL In, nous avons insisté sur l’importance d’apprendre à connaître les participants à votre formation avant le début des activités. Nous avons préparé quelques conseils sur la façon de créer un environnement de formation convivial et inclusif. Si vous savez que certains de vos participants ont une déficience auditive, parlez-leur de ces propositions et voyez lesquelles conviennent le mieux à leur cas, car comme vous le savez déjà, ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionne pas nécessairement pour tout le monde.

Il existe de nombreux gadgets que les malentendants peuvent utiliser dans leurs interactions quotidiennes. Certains d’entre eux sont fournis par les firmes de leurs appareils. Par exemple, ils pourraient vous demander de porter un petit micro branché à leurs appareils pendant que vous parlez. Certains appareils peuvent envoyer le son d’un microphone, d’un téléviseur ou d’autres sources directement vers la prothèse auditive. En plus de ces gadgets, les appareils auditifs sont eux-mêmes capables de s’adapter au bruit ambiant grâce à certains programmes qui se concentrent sur la fréquence de la parole dans la pièce ou même sur les interlocuteurs qui parlent en face de la personne malentendante.

Pour les fichiers vidéo et audio, certains téléphones portables peuvent désormais être connectés par Bluetooth aux prothèses auditives. Pour les événements plus importants, équiper une salle d’une boucle d’induction connectée à un microphone peut grandement aider les malentendants car ils recevront le son directement dans leurs prothèses auditives au lieu de se sentir étouffés par le bruit environnant. La technologie évolue très rapidement et de nombreuses personnes sont satisfaites de la nouvelle flexibilité qu’elle offre. 

Cependant, il n’y a pas que la technologie qui peut vous aider à interagir avec une personne malentendante. Votre attitude peut aussi créer un climat de confiance dans lequel ils se sentiront inclus dans la conversation.

L’acoustique de la pièce dans laquelle vous vous trouvez influencera la communication, car les personnes entendantes ne remarquent souvent pas certains bruits qui peuvent être très gênants pour les malentendants. C’est le cas de la climatisation, des appareils de chauffage, des horloges et même du son émis par les néons, qui peuvent interférer avec les appareils auditifs.

Les malentendants utilisent beaucoup le contexte, la lecture labiale, les éléments visuels et la communication non verbale. Le pourcentage de langue comprise grâce à la lecture labiale, qui n’est que de 30 % en français, n’est pas suffisant pour que ces personnes puissent se fier uniquement à la lecture labiale. Essayez d’utiliser des gestes, d’articuler plus que d’habitude, de leur faire face tout en parlant et de vous assurer qu’ils peuvent vous voir correctement. Si la personne a un interprète en langue des signes, donnez-lui le temps de traduire et de répondre. Si vous participez à une discussion de groupe, essayez de placer tous les intervenants en cercle ou en forme de U afin qu’ils puissent voir tout le monde et, si possible, organisez ces discussions en petits groupes.

Afin de faciliter la lecture labiale, la langue parlée complétée (LPC) a été créée et adaptée à une cinquantaine de langues différentes pour aider les personnes qui interagissent souvent avec les malentendants. La l’asbl LPC Belgique définit la LPC comme ” une technique qui permet de compléter la lecture labiale afin de la rendre entièrement intelligible pour la personne sourde. L’intégralité de la langue française sera codée par les huit configurations de la main (clés) représentant les consonnes, combinées aux cinq positions sur et autour du visage représentant les sons des voyelles. Le tout permet de compléter la langue parlée en rendant visibles tous les phonèmes.”.

L’attitude positive est essentielle

Quel que soit le contexte de communication, gardez l’esprit ouvert et soyez flexible. N’oubliez pas de demander un retour pour vous assurer que la personne est à l’aise avec les méthodes et adaptations mises en place. Agissez aussi naturellement que possible lorsque vous vous adaptez aux besoins de la personne, car cela lui donnera un véritable sentiment d’inclusion et créera un meilleur environnement pour une discussion ou un apprentissage fructueux.

En savoir plus pour la formation inclusive sur: www.all-in-project.eu

 

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