Au-delà de l’école : les effets de la dyscalculie sur la vie quotidienne

La dyscalculie est un trouble de l’apprentissage caractérisé par des difficultés en mathématiques. Mais les symptômes ne sont-ils visibles qu’à l’école ? Découvrons les conséquences de ce trouble sur le quotidien des personnes concernées.

Les mathématiques sont partout

Nous ne réalisons pas toujours à quel point les mathématiques influencent notre vie. Nous lisons l’heure à l’aide d’horloges, nous coupons les aliments en un certain nombre de morceaux. Nous utilisons également des chiffres dans nos mots de passe, nos codes, nos adresses et les dates. S’il est possible d’adapter le programme scolaire à une personne dyscalculique, les adaptations disponibles en dehors du système éducatif ne sont pas si nombreuses. Voyons comment cela affecte les personnes dyscalculiques et leurs activités quotidiennes.

S’orienter

Si vous avez déjà utilisé un GPS dans votre voiture, vous êtes probablement familier avec des indications telles que : « Après 200 mètres, tournez à gauche », mais pouvez-vous toujours dire ce que représente exactement une distance de 200 mètres ? Même les personnes ne souffrant pas de troubles de l’apprentissage éprouvent parfois des difficultés à estimer rapidement la distance. Pour une personne dyscalculique, cette tâche est généralement impossible à réaliser, mais ce n’est qu’un aperçu de ce à quoi elle est confrontée.

Lorsque vous essayez de naviguer dans la ville, vous rencontrez des chiffres de bien des façons. Combien de carburant vous reste-t-il ? À quelle vitesse devez-vous rouler ? Vous pouvez décider de prendre un bus au lieu de la voiture, mais à quelle heure part-il ? Enfin, comment trouver une adresse précise si vous ne comprenez pas comment les chiffres sont disposés ? Toutes les personnes dyscalculiques n’ont pas de problèmes d’orientation en soi, mais beaucoup d’entre elles se perdent dans tous les chiffres qu’elles doivent traiter pour atteindre leur destination, surtout lorsqu’elles sont pressées.

Cuisiner

Pour certaines personnes dyscalculiques, il est même difficile de répondre à une question telle que “Combien de crêpes veux-tu ?”

La cuisine est un autre endroit où l’on rencontre plus de chiffres qu’on ne le pense. Cuisiner quelque chose à partir d’une recette peut être très difficile pour une personne dyscalculique, parce qu’elle ne comprend pas les quantités qu’elle doit utiliser.

Mais l’utilisation de la recette n’est pas tout. Vous devez choisir la bonne température pour le four ou la taque de cuisson, et veiller à faire cuire quelque chose pendant la bonne durée.

Même si quelqu’un prépare quelque chose pour vous, vous devez quand même communiquer avec lui. Pour certaines personnes dyscalculiques, il est même difficile de répondre à des questions telles que « Combien de crêpes veux-tu manger ? » ou « Combien de sucre mets-tu dans ton café ? ».

Mémoriser des nombres

De nombreuses personnes dyscalculiques éprouvent des difficultés non seulement à comprendre les chiffres, mais aussi à les mémoriser. Les dates, par exemple, peuvent être très difficiles à retenir. Cela complique non seulement l’apprentissage de matières telle que l’histoire, mais peut également conduire à des situations inconfortables, comme l’oubli d’une réunion ou de l’anniversaire d’un meilleur ami.

Fournir un numéro de téléphone ou un numéro de compte peut vite tourner au cauchemar, surtout si, comme c’est souvent le cas, la dyscalculie est combinée à la dyslexie ou à la dyspraxie. Ces troubles rendent difficile non seulement la mémorisation, mais aussi la réécriture de longues séquences de chiffres, de sorte qu’il est difficile de savoir si l’on a commis une erreur ou non.

Les capacités d’interprétation et de mémorisation sont étroitement liées l’une à l’autre. Il est beaucoup plus facile pour notre esprit de se souvenir d’une information qu’il comprend que d’une information complètement abstraite. Lorsqu’une personne non dyscalculique voit le nombre « 1925 », elle comprend automatiquement qu’il s’agit d’une année du vingtième siècle, quelque part entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, il y a environ cent ans. Une personne dyscalculique a besoin de plus d’efforts pour relier ce nombre à toutes ces informations et c’est l’une des raisons pour lesquelles elle a du mal à le mémoriser.

Comment faire face à ces difficultés ?

Ce ne sont là que quelques-unes des façons dont la dyscalculie peut compliquer les activités quotidiennes des personnes atteintes de ce trouble. Heureusement, si une personne a accès à un enseignement inclusif adapté aux besoins des personnes dyscalculiques, elle a de grandes chances d’éviter au moins certains de ces problèmes.

Les exercices d’estimation et de comparaison des nombres peuvent être d’une grande aide. Ils permettent d’apprendre quel nombre est le plus élevé et quel nombre est le plus bas, ainsi que la notion de « trop » ou de « pas assez » dans différents contextes. Il est également possible d’améliorer la lecture et la compréhension de l’heure. Il serait faux de dire que toutes les personnes dyscalculiques vivent toute leur vie sans pouvoir utiliser une horloge. Beaucoup d’entre elles peuvent l’apprendre si on le leur explique correctement.

Il est essentiel de s’entraîner à l’utilisation des chiffres, mais il est également important de se protéger contre le risque d’être submergé par tous les symboles mathématiques qui nous entourent. Il n’y a pas de honte à utiliser des horloges électroniques au lieu d’horloges analogiques, ainsi que d’autres types d’adaptations qui limitent le nombre de chiffres auxquels vous devez faire face au cours de vos activités quotidiennes. Les concepts mathématiques peuvent souvent être remplacés par des images ou des descriptions. Par exemple, « cuire au four jusqu’à ce que le pain soit doré » au lieu de « cuire au four pendant 75 minutes ».

Il existe de nombreuses façons d’aider les personnes atteintes de dyscalculie dans leurs activités quotidiennes. Si vous souhaitez en savoir plus, consultez Calculate, notre projet visant à promouvoir des méthodes efficaces d’enseignement des mathématiques et à sensibiliser le public à la dyscalculie.

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Références:

Clouser, L., Discovering Dyscalculia with Laura Jackson, The LDA Podcast, Learning Disabilities Association of America, from: https://ldaamerica.org/discovering-dyscalculia-with-laura-jackson/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=discovering-dyscalculia-with-laura-jackson

Photo 1 de Karolina Grabowska : https://www.pexels.com/nl-nl/foto/iemand-hand-telefoon-notitieboekje-4386321/

Photo 2 de Janine : https://flic.kr/p/6MjABb

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