Les « histoires participatives » : une autre façon d’enseigner

Le fondement de l’alphabétisation repose sur la maîtrise des compétences de base en matière de lecture et d’écriture. Si un enfant est capable de comprendre un texte qu’il lit et d’écrire le sien, il est bien parti pour écrire un roman, proposer un scénario pour un film, animer un podcast, c’est-à-dire participer plus librement et en connaissance de cause à la société et à l’économie.

Pourtant, ce qui est considéré comme une exigence dite “de base” est considéré comme un obstacle pour de nombreux enfants en âge de fréquenter l’école maternelle et primaire qui rencontrent pour la première fois des lettres, des mots, des phrases et des histoires. Selon les statistiques de l’enquête PISA 2018, les difficultés à surmonter ces obstacles sont si prononcées qu’elles sont devenues statistiquement significatives et qu’elles dressent un tableau sombre de l’état des acquis en littératie dans l’UE parmi nos plus jeunes apprenants :

  • À l’âge de 15 ans, 17% des élèves (13% des filles et 27% des garçons) ont de faibles compétences en lecture et ont des difficultés à comprendre leurs propres manuels scolaires.
  • 18 % des enfants de 9 ans (13 % de filles et 24 % de garçons) ne lisent jamais ou presque jamais pour le plaisir en dehors de l’école.
  • Environ 13 millions d’enfants de moins de 15 ans ont des difficultés à lire et à écrire.

Avec le projet STORIAS, nous pensons que l’anticipation de ce résultat commence dès les premières années d’une classe. Il faut susciter l’engagement des élèves avec le matériel d’apprentissage de manière à cultiver en eux l’amour de la lecture et de l’écriture, afin que la maîtrise des compétences de base en alphabétisation puisse suivre. En pratique, notre approche implique l’utilisation d’un outil d’alphabétisation pratique et créatif appelé “Histoires participatives“.

L’essence des Histoires participatives est simple : nous aspirons à ce que les enfants soient aux commandes du processus de narration ; par conséquent, nous leur donnons les encouragements et l’espace nécessaires pour développer leurs propres histoires, tout en les guidant dans les limites d’une structure de narration de base à suivre (une base de l’histoire et/ou des conseils d’écriture). La créativité commence lorsque leur imagination prend le dessus, car ils peuvent modeler la structure de l’histoire comme ils l’entendent en déterminant les traits des personnages et le cadre de l’histoire, en ajoutant des éléments à l’intrigue et même en modifiant la fin de l’histoire !  

Photo de Pavel Danilyuk

Cette approche vise non seulement à mettre en valeur les dons et les compétences naturels des élèves en leur donnant la liberté d’exprimer et de canaliser leurs idées dans le cadre de notre histoire, mais elle est aussi particulièrement propice à une plus grande participation des élèves présentant des troubles de l’apprentissage qui ont du mal avec les approches traditionnelles de l’alphabétisation qui privilégient la mémorisation et la répétition inflexible..

L’objectif et le niveau de difficulté des histoires participatives ont été différenciés en fonction de l’âge (les histoires étant divisées en trois groupes d’âge pour les enfants âgés de 5 à 10 ans), mais le but et l’objectif final restent les mêmes : permettre aux enfants d’exercer une plus grande autonomie dans la lecture et l’écriture ultérieure de leurs histoires et accroître leur confiance en leurs capacités de lecture et d’écriture.

Un bonus supplémentaire à notre approche est que les enfants pourront donner vie à leurs histoires en enregistrant leurs créations narratives une fois qu’elles seront terminées. Nous nous efforçons donc de cibler trois dimensions du niveau de littératie : la lecture, l’écriture et l’expression orale.

Restez connectés pour en savoir plus sur notre projet et sur la manière dont vous pouvez appliquer cette approche et ses ressources pour guider vos propres élèves à devenir de meilleurs conteurs !

Crédit photo : Nong V sur Unsplash

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